photo Quiterie LABORDE 1

Illustration de Quitterie Laborde

 

 Chers élèves du collège de Bizanos,

J’ai lu chacune de vos lettres suite à votre découverte d’une de mes illustrations et je suis émerveillée par vos hypothèses si riches. L’oiseau bleu vous a inspirés et j’en suis très touchée. Je vous remercie infiniment pour vos magnifiques réflexions et poèmes. Vous avez perçu l’importance de ce personnage dans ce conte et vous avez découvert les références aux oiseaux ainsi que les ouvertures possibles vers d’autres mondes. Il y a de la tristesse, de la détresse dans le chant de l’oiseau bleu, mais il faudra lire l’histoire pour découvrir la cause de son désespoir. L’oiseau a le choix entre la liberté (symbolisée par le nuage en forme d’oiseau) et la résignation qui l’emprisonne (symbolisée par l’oiseau dans la cage-montgolfière). L’ambiance générale est traduite par cette tortue-arbre. D’une part, on perçoit des oiseaux figés dans les branches sans vie, avec trois plumes qui en tombent telles des feuilles mortes semblables à des gouttes de sang (cela symbolise la souffrance de l’oiseau et son incapacité à avancer davantage, comme une agonie).D’autre part, cet arbre s’enracine sur une tortue, symbole de longévité qui marche lentement mais avec assurance dans l’eau qui fait naître toute vie (et cela symbolise l’espoir du renouveau). En son cœur s’ouvre un autre monde où le soleil rouge (tel un cœur qui bat encore) se couche pour peut-être faire renaître un jour meilleur…On peut aussi y voir la paix intérieure que l’oiseau recherche. Et au-delà de tous ces oiseaux morts devenus écorce, il y a cet œuf au premier plan, qui lui aussi annonce tous les possibles pour une renaissance, une nouvelle vie : le cycle de la vie continue. Ce cycle de vie donne l’espoir que la prochaine saison fera renaître tous les oiseaux de l’arbre, comme les feuilles repoussent au printemps. De plus, l’oiseau lance son cri de tristesse posté à la fois sur une nature luxuriante et à la fois sur des pierres froides ; là encore, on ressent que deux chemins pourront s’offrir à lui. Ce que nous ne pouvons pas savoir dans cette illustration, c’est quel est l’objet de sa tristesse, et quelles seront les aides qui lui seront apportées. Vous découvrirez cela en lisant le magnifique texte d’une auteure que vous connaissez très bien sans le savoir et avec laquelle j’ai la chance de travailler : il s’agit de votre professeur de français : Sophie Lacaze !

A mon tour, je viens vous poser une question que je me suis posée à moi-même pendant la création de cette illustration, à laquelle chacun de vous pourra chercher à répondre : « Avons-nous le choix du chemin qui nous attend : devons-nous être résignés face à notre destin (comme semble l’être l’oiseau bleu au début de ce conte) ou bien libres de nos choix et acteurs dans la construction de notre vie ? »

                                                                                                              Quitterie Laborde